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La Critique Selon Moi
8 août 2026

MAN/WOMAN/CHAINSAW – Cannonball (2026)

 

L’expérimentation harmonique la plus stimulante vient aujourd’hui incontestablement d’Angleterre. Pour preuve, le réjouissant fourre-tout musical des Londoniens de Man/Woman/Chainsaw, à la frontière du rock et de la musique classique, qui explose sur leur premier album, Cannonball.

Que dire de ce premier essai ? Qu’il mélange allègrement les boucles noisy du rock avec la douceur supposée du violon et les sonorités plus percussives du piano. Que ses arrangements refusent obstinément de choisir entre tension électrique et délicatesse acoustique. Que son fil conducteur mélodique est loin de s’écouler comme un long fleuve tranquille, préférant les ruptures, les embardées et les changements de tempo. Mais surtout que, derrière ce joyeux désordre, se dessine une véritable cohérence musicale.

L’on hésite de prime abord à positionner Only Girl dans la case post-punk ou dans celle d’un concerto pour violon. Mais la superposition de ces deux univers insuffle d’emblée une énergie rock à l’ensemble. Canyons ralentit ensuite le mouvement et laisse la langueur gagner les notes. L’occasion d’apprécier le chant aussi fragile que profond de Vera Leppänen. La voix de Billy Ward, grave et légèrement parlée, surgit alors sur Goddamn, Lizard Man! et assombrit encore un rock downtempo, désenchanté et presque poisseux. Le collectif britannique s’offre ensuite une parenthèse lumineuse avec la ballade angélique Lighter.

Mais Cannonball n’est pas un album qui s’attarde longtemps dans la mélancolie. La chaleur du groove et l’entrain pop de l’imparable Nosedive relancent la machine et embarquent l’auditeur vers le dancefloor. Le sextette passe ainsi d’une atmosphère à l’autre sans jamais se perdre. Les mélodies peuvent se briser, les rythmiques bifurquer et les cordes surgir là où on ne les attend pas. Le violon et le piano ne sont jamais là pour simplement adoucir les guitares, tous deux participent au contraire pleinement à cette matière sonore mouvante, nerveuse et délibérément baroque.

Dans le grand chamboule-tout de Cannonball, Man/Woman/Chainsaw transforme l’instabilité en force et la collision des styles en véritable signature musicale.

(8)

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe Anglais actif depuis 2019, qui réunit le guitariste et chanteur Billy Ward, la pianiste Emmie-Mae Avery, la bassiste et chanteuse Vera Leppänen, la violoniste Clio Starwood, la batteuse Lola Cherry et le guitariste Billy Doyle.

 

 

De quoi parle-t-on ? :

Style musical expérimental, à la croisée du rock, du post-punk et de la musique classique.  

 

 

Rythme :

  • Je me suis endormi
  • Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
  • Mes pieds se mettent à bouger
  • Je me lève et je danse

Les fréquentes ruptures de rythme brisent l’élan et freinent l’envie de mouvement.

 

 

Accessibilité :

  • Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
  • Les refrains entrent directement dans ma tête
  • Que des hits taillés pour les stades

Le désordre harmonique est clairement le fil rouge de ces compositions.

 

 

Audience :

  • J’ai du succès avec mes goûts musicaux
  • Peut-être écouté sans déranger personne
  • Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
  • Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

Les arpèges sont parfois angéliques, mais leur raffinement baroque les rend peu accessibles au premier abord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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