SYD MATTERS – A Gospel Of Some Sort (2026)
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Après avoir disparu des radars depuis la sortie de Brotherocean en 2010, les Français de Syd Matters signent un retour aussi inattendu que remarquable avec l’indie-folk de leur cinquième album, A Gospel Of Some Sort.
On croyait ne plus jamais entendre les notes célestes de Jonathan Morali. Mais, ô miracle, la mélancolie cristalline de l’artiste hexagonal refait aujourd’hui surface et nous replonge instantanément dans ce plaisir ouaté de folk-music. Une esthétique à la fois fragile et enveloppante, qui semble flotter hors du temps et dont la beauté réside autant dans ses silences que dans ses envolées.
Les Parisiens n’ont visiblement pas profité de cette longue parenthèse pour céder aux sirènes de l’electropop ou du rock. Les arpèges délicats et aériens d’Armageddon Time et de Choking On Anger replacent d’emblée le combo dans le prolongement du spleen langoureux de A Whisper And A Sigh ou Ghost Days. Toujours entouré de ses quatre compagnons de route présents depuis les débuts du groupe, Jonathan Morali pose sa voix suave et légèrement voilée sur la lenteur presque hypnotique d’Easy et Memorize. Puis l’album connaît une brève poussée de fièvre pop avec Many Tears In The Making, intermède plus enjouée qui vient rompre délicatement la torpeur ambiante sans jamais trahir l’atmosphère générale.
La suite est un océan d’affliction angélique d’où émerge Ténèbres, étrange anomalie synthétique de près de sept minutes, entièrement instrumentale. Par sa construction progressive, ses nappes électroniques et son caractère presque cosmique, le morceau rappelle l’admiration du quintette pour les légendaires Pink Floyd. Seul regret, finalement : cette échappée stellaire laisse entrevoir ce que le groupe aurait pu explorer davantage au cours de ces longues années de silence.
A Gospel Of Some Sort n’est donc pas l’album de la renaissance, encore moins celui d’une révolution. C’est un disque de retrouvailles précieux où, après seize ans, Syd Matters reprend avec brio sa conversation là où il l’avait laissée.
(7,5)
De qui parle-t-on ? :
Groupe français actif dans un premier temps de 2001 à 2011, puis reformé depuis 2024, porté par son éminence grise Jonathan Morali, accompagné des musiciens Olivier Marguerit, Remi Alexandre, Jean-Yves Lozac'h et Clement Carle.
De quoi parle-t-on ? :
Folk music minimaliste et angélique, dans la droite lignée des précédents albums.
Rythme :
- Je me suis endormi
- Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
- Mes pieds se mettent à bouger
- Je me lève et je danse
La lenteur s’impose comme le fil conducteur de ce nouvel album.
Accessibilité :
- Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
- Les refrains entrent directement dans ma tête
- Que des hits taillés pour les stades
Une esthétique musicale angélique, portée par un sens aigu de la mélodie.
Audience :
- J’ai du succès avec mes goûts musicaux
- Peut-être écouté sans déranger personne
- Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
- Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter
Cette pureté harmonique, certes plus familière aux oreilles anglo-saxonnes, a pourtant de quoi séduire bien des auditeurs.
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