La Critique Selon Moi
20 septembre 2026

BLOOD RED SHOES – Stay Lonely (2026)

 

Après deux décennies d’activité, il semble que le duo anglais Blood Red Shoes ait encore beaucoup de choses à nous dévoiler. Pour preuve, l'électrorock abrasif de leur septième album, Stay Lonely.

Ghosts On Tape avait déjà fait forte impression, mais ce nouvel opus autoproduit pousse encore plus loin les aspirations du combo. Plus frontal, plus dense et volontiers aventureux, l’album conserve ce qui fait la singularité de Blood Red Shoes. Il repose notamment sur un dialogue permanent entre les voix de Laura-Mary Carter et Steven Ansell, qui se répondent, s’entremêlent et se confrontent sur des compositions où le rock côtoie sans complexe la pop et les textures synthétiques.

La fièvre s’empare d’emblée de l’album avec les percussions entêtantes et métronomiques de Start To End. L’étau se desserre légèrement avec le rock downtempo et mélodique de Get Back Into Myself, suivi de Don’t Say A Word, où le duo privilégie davantage les mélodies sans pour autant abandonner sa rugosité. Les Britanniques s’offrent ensuite carrément un tube avec les boucles pop imparables de Screams, morceau immédiatement accrocheur qui apporte une belle respiration au milieu de cette déferlante électrique.

L’intensité remonte d’un cran avec Two Weeks, porté par une énergie rock plus directe, avant que les boucles synthétiques de 2020 On TV n’ajoutent une nouvelle dose de groove à l’ensemble. À mesure que l’album avance, le groupe continue ainsi de brouiller les pistes. The Reader Is A Deceiver transpire l’électropop, Useless Sentiment renoue avec un rock abrasif et nerveux, tandis que Grande Valse plonge l’auditeur dans une langueur aux accents psychédéliques. Fire On Water, enfin, referme cet essai sur une note pop aussi lumineuse qu’efficace.

Avec Stay Lonely, Blood Red Shoes prolonge son histoire tout en ouvrant de nouvelles portes. Vingt ans après ses débuts, le duo semble avoir conservé intacte cette envie de se réinventer, sans jamais perdre de vue ce qui constitue son identité.

(7,5)

 

 

De qui parle-t-on ? :

Duo anglais actif depuis 2004, composé de la chanteuse et guitariste Laura-Mary Carter et du multi-instrumentiste, lui aussi chanteur, Steven Ansell.

 

 

De quoi parle-t-on ? :

Un rock abrasif et nerveux, teinté de sonorités synthétiques.  

 

 

Rythme :

  • Je me suis endormi
  • Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
  • Mes pieds se mettent à bouger
  • Je me lève et je danse

Derrière l’intensité rock, le groove parcourt tout l’album.

 

 

Accessibilité :

  • Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
  • Les refrains entrent directement dans ma tête
  • Que des hits taillés pour les stades

La mélodie demeure le fil conducteur des compositions du duo.

 

 

Audience :

  • J’ai du succès avec mes goûts musicaux
  • Peut-être écouté sans déranger personne
  • Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
  • Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

Après vingt ans de carrière, le duo semble buter sur un plafond de popularité que ce nouvel album ne devrait pas parvenir à briser.

 

 

 

 

 

 

 

 

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