La Critique Selon Moi
31 août 2026

TY SEGALL – Chrome (2026)

 

Difficile d’imaginer ce que le Californien Ty Segall pourrait encore avoir à raconter après tant d’albums. Pourtant, le garage rock furieux de Chrome suffit une nouvelle fois à nous faire frémir de plaisir.

Le pop-rock plus apaisé de Possession pouvait laisser penser que l’Américain avait atteint un certain âge de raison, voire de sagesse. Chrome vient joyeusement contredire cette impression. Les riffs acérés et les guitares rugissantes de ce nouvel album montrent que le feu couve toujours dans les compositions de Ty Segall.

Nourri par la lourdeur tellurique de Black Sabbath, le natif de Laguna Beach embrase d’emblée l’espace sonore avec le noisy-rock downtempo de Hospital. La batterie lourde, les guitares épaisses et cette sensation de tension permanente installent une atmosphère aussi poisseuse qu’envoûtante. Running To Nowhere accélère ensuite la cadence et rappelle son goût pour les morceaux capables de transformer une décharge de décibels en véritable locomotive mélodique. Sans jamais perdre en intensité, Chrome sait également desserrer l’étau. L’atmosphère se fait plus mélodique sur Black Paint, où la voix de Segall se montre plus chantante, sans pour autant abandonner la rugosité qui caractérise son univers.

Cette alternance entre puissance brute, échappées mélodiques et arrangements psychédéliques contribue à donner au disque un relief bienvenu. Tout au long de ses neuf morceaux, ce nouvel opus déploie ainsi un rock incandescent profondément imprégné des années 1970. Hard-rock, glam et garage s’y télescopent dans une esthétique déjà largement explorée par le musicien américain, mais qu’il continue de façonner avec suffisamment d’instinct et d’énergie pour éviter l’impression de simple redite.

Chrome ne cherche donc pas à réinventer les contours sonores du Californien. Il rappelle simplement, avec une insolente efficacité, que le prolifique Ty Segall n’a pas encore fini de faire parler les amplis.

(7,5)

 

 

De qui parle-t-on ? :

Musicien et chanteur américain actif depuis 2008, Ty Segall multiplie également les projets, notamment avec son groupe Fuzz.

 

 

De quoi parle-t-on ? :

Un garage rock abrasif qui puise largement dans l’énergie du hard-rock des années 1970.  

 

 

Rythme :

  • Je me suis endormi
  • Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
  • Mes pieds se mettent à bouger
  • Je me lève et je danse

L’album donne une nouvelle fois furieusement envie de s’adonner au air guitar et au headbanging.

 

 

Accessibilité :

  • Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
  • Les refrains entrent directement dans ma tête
  • Que des hits taillés pour les stades

Ici, la puissance rock l’emporte largement sur la mélodie.

 

 

Audience :

  • J’ai du succès avec mes goûts musicaux
  • Peut-être écouté sans déranger personne
  • Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
  • Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

Un style musical incandescent qui risque de faire fuir bon nombre d’auditeurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

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