DYNAMITE SHAKERS – Marilyn (2026)
/image%2F1371206%2F20260828%2Fob_fbe440_dynamite-shakers-marilyn.jpg)
Après un premier album en anglais, le quatuor vendéen Dynamite Shakers passe aujourd’hui à la langue de Molière pour embraser la scène garage rock hexagonale avec le surpuissant Marilyn.
Ce passage au français n’est d’ailleurs pas qu’un simple changement de langue. Il semble rapprocher le groupe de quelque chose de plus personnel, de plus frontal. Les mots claquent au même rythme que les guitares et participent pleinement à cette identité nouvelle.
Avant de véritablement entrer dans l’univers du quatuor, il faut d’abord se confronter au mur sonique qui se dresse devant nous. Une prise d’assaut furieuse, immédiate, qui n’est pas sans rappeler, dans un registre plus punk, la fournaise rock engendrée par les Rouennais de We Hate You Please Die. D’emblée, les riffs incandescents et le train d’enfer du punk-rock de Scellé Au Sol envoient l’auditeur dans les cordes. Pas le temps de reprendre son souffle avec Cinéma, premier single légèrement plus mélodique, qui conserve pourtant cette tension électrique et cette capacité à faire monter la pression en quelques secondes. Le combo effectue ensuite un bref retour à l’anglais sur le post-punk fiévreux de A Smile Won’t Change A Thing, avant de nous entraîner sur un dancefloor dédié au pogo avec le tonitruant Nightclub.
Aucune concession ici aux fioritures synthétiques ou aux artifices superflus. Les guitares saturées constituent le principal carburant de cette urgence rock brute et viscérale. Cette énergie est encore renforcée par le dialogue entre les voix masculine et féminine, qui donnent au disque une dynamique particulière et contribuent à cette impression de mouvement perpétuel. 6h10, Démarche Cisaillée, Get Lost (On The Other Side) ou encore Equipage Ravage prolongent ainsi cette course effrénée, tandis que Blackout, avec la présence des grands frère et sœur de Perpignan The Limiñanas, vient ajouter une nouvelle dimension à l’album. Mais Marilyn ne se résume heureusement pas à une succession de décharges électriques. Le rythme ralentit parfois, l’intensité se fait plus contenue et l’atmosphère gagne en légèreté sur Spleen De Toi, Détours, Par Le Vide ou Oh, Darling. Loin de constituer de simples pauses entre deux assauts, ces respirations révèlent au contraire toute l’étendue de la palette sonore du groupe de Saint-Hilaire-de-Riez.
Avec ce nouveau chapitre, Dynamite Shakers s’impose un peu plus encore dans le paysage du rock français. Marilyn est un disque qui se vit autant qu’il s’écoute, une déflagration taillée pour les scènes enfumées, les amplis poussés dans le rouge et les corps qui s’entrechoquent devant les barrières.
(8)
De qui parle-t-on ? :
Groupe français actif depuis 2019, composé de la guitariste et chanteuse Elouan Davy, de la basiste Lila-Rose Attard, du guitariste Calvin Tulet et du batteur François Rocheteau.
De quoi parle-t-on ? :
Indie-rock bruitiste et débridé.
Rythme :
- Je me suis endormi
- Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
- Mes pieds se mettent à bouger
- Je me lève et je danse
Des mélodies taillées pour déclencher quelques pogos.
Accessibilité :
- Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
- Les refrains entrent directement dans ma tête
- Que des hits taillés pour les stades
Sous cette épaisse couche de distorsion se dévoilent des mélodies qu’il faut prendre le temps de saisir.
Audience :
- J’ai du succès avec mes goûts musicaux
- Peut-être écouté sans déranger personne
- Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
- Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter
Cette avalanche de riffs incandescents ne s’adressera clairement pas à toutes les oreilles.
/image%2F1371206%2F20260825%2Fob_93c784_papasfritas-5.png)
/image%2F1371206%2F20260825%2Fob_2aebcc_sorties-de-la-semaine-2.png)