La Critique Selon Moi
27 août 2026

THE AFGHAN WHIGS – Soft Control (2026)

 

Une carrière quelque peu chaotique depuis quarante ans, mais un niveau musical qui, lui, ne faiblit jamais. Les Américains de The Afghan Whigs le prouvent une fois encore avec le pop-rock lumineux de leur dixième album, Soft Control.

Que dire aujourd’hui du combo de Cincinnati ? Qu’il a marqué l’histoire du rock indépendant sans toutefois y laisser une empreinte aussi indélébile que certains de ses contemporains. Que l’attente autour de lui, hormis chez quelques irréductibles fidèles, s’est peu à peu émoussée. Alors pourquoi s’attarder sur ce quatrième album depuis sa reformation en 2011 ? Peut-être simplement pour raviver la nostalgie d’une époque où les sublimes Gentlemen, Black Love et 1965 imposaient leur mélange si singulier de rock abrasif, de soul et de noirceur.

Avec Soft Control, le groupe semble pourtant avoir largement tourné la page de cette période. Le titre de l’album résume finalement assez bien cette nouvelle manière d’aborder la musique. Loin des guitares électriques qui ont façonné une partie de sa légende, le quintette privilégie désormais l’aération des arrangements et surtout l’efficacité mélodique. Toujours porté par le chant profond et habité de l’inamovible Greg Dulli, l’album s’ouvre dans la langueur pop de Jungle Roux, avant que des percussions aux accents presque tribaux n’entraînent l’imparable House Of I vers les sommets du groove. Le rythme se fait ensuite plus languissant et l’atmosphère gagne en ampleur avec les notes angéliques de Duvateen, tandis que la ferveur post-punk vient réchauffer quelque peu l’ensemble sur My Lover.

Le piano, les cuivres, les violons et la voix suave de Dulli se répondent sur The Deepest Part Of The Darkest Show et Mariah Luster, dans un exercice de sophistication qui aurait été difficile à imaginer aux débuts du groupe. L’album se referme avec la pop ciselée de A Simulation, morceau étonnamment accessible qui, débarrassé de quelques arrangements et produit différemment, n’aurait presque pas fait tache dans le répertoire de Coldplay. Une comparaison qui illustre bien l’évolution du groupe, désormais plus enclin à privilégier les harmonies que la puissance brute, sans pour cela perdre son identité.

Avec Soft Control, The Afghan Whigs ne cherche donc pas à reproduire son glorieux passé. La formation de l’Ohio préfère avancer, assouplir son écriture et laisser davantage de place aux mélodies, sans pour autant renoncer à la tension qui a toujours nourri sa musique.

(7,5)

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe américain formé en 1986 et actif jusqu’en 2001, puis reformé en 2011, toujours mené par son leader Greg Dulli, entouré de John Curley, Rick G. Nelson, Patrick Keeler et Christopher Thorn.

 

 

De quoi parle-t-on ? :

Le groupe privilégie désormais une pop aux accents symphoniques, loin du rock abrasif de ses débuts.  

 

 

Rythme :

  • Je me suis endormi
  • Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
  • Mes pieds se mettent à bouger
  • Je me lève et je danse

Un album qui distille essentiellement une douce langueur.

 

 

Accessibilité :

  • Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
  • Les refrains entrent directement dans ma tête
  • Que des hits taillés pour les stades

L’art de la mélodie atteint ici des sommets.

 

 

Audience :

  • J’ai du succès avec mes goûts musicaux
  • Peut-être écouté sans déranger personne
  • Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
  • Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

Un album étonnamment accessible, dont les mélodies pourraient toucher bien au-delà du cercle des fidèles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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