INTERPOL – This Mirror Weighs A Ton (2026)
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Avec This Mirror Weighs A Ton, les New-Yorkais d’Interpol signent leur huitième opus studio et poursuivent, près de trente ans après leurs débuts, leur exploration d’un rock toujours aussi sombre, mais désormais teinté d’accents pop.
Depuis Turn On The Bright Lights, le combo n’a cessé de sonder les zones les plus crépusculaires du rock, cultivant cette alchimie si particulière entre guitares acérées, rythmiques métronomiques et voix grave de Paul Banks. Avec ce nouvel essai, le groupe semble pourtant vouloir prendre un peu de hauteur. Sans renier ses fondamentaux, il délaisse par moments la noirceur frontale de ses premières années pour une approche plus atmosphérique.
Tel un battement de cœur, les percussions délicates de l’éponyme This Mirror Weighs A Ton ouvrent l’album dans une ambiance minimaliste et mélancolique. See Out Loud vient ensuite rompre cette quiétude. Le post-punk reprend ses droits, porté par une rythmique plus nerveuse et les guitares caractéristiques de Daniel Kessler. Puis l’atmosphère se rafraîchit avec Iron City, morceau lumineux où les Américains s’autorisent une langueur presque pop. Une tendance qui se confirme avec l’accrocheur Wounded Soldier, qui témoigne de la volonté du quintette d’adoucir ses angles sans pour autant perdre son identité.
Nouveau sursaut avec Wings On Fire, où le rock retrouve davantage de mordant, tandis que le chant profond de Paul Banks semble vagabonder en terrain connu. Sur Ever The Actor et So Rides The Reindeer, les guitares se font plus discrètes et laissent davantage de place aux textures synthétiques et aux ambiances vaporeuses. La formation de Manhattan ne renonce pourtant pas totalement à l’électricité. Wake Up apporte ainsi un dernier véritable éclat rock avant que l’album ne retrouve un environnement plus posé. Les trois derniers titres prolongent cette sensation de flottement, entre mélancolie diffuse et arrangements feutrés.
Après plusieurs décennies de carrière, Interpol n’a donc plus besoin de prouver qu’il sait jouer du post-punk. Avec This Mirror Weighs A Ton, le groupe préfère en explorer les marges. Un choix qui pourra dérouter les nostalgiques des premières heures, mais qui témoigne surtout d’une volonté salutaire de regarder devant plutôt que de reproduire une formule appartenant désormais au passé.
(7,5)
De qui parle-t-on ? :
Formé en 1997 à New York, Interpol est aujourd’hui un quintette composé de Paul Banks, Daniel Kessler, Sam Fogarino, Brandon Curtis et Brad Truax.
De quoi parle-t-on ? :
Un post-punk toujours un brin sombre, mais désormais teinté de sonorités pop.
Rythme :
- Je me suis endormi
- Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
- Mes pieds se mettent à bouger
- Je me lève et je danse
L’album se déploie surtout dans une douce langueur.
Accessibilité :
- Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
- Les refrains entrent directement dans ma tête
- Que des hits taillés pour les stades
Au fil des années, le combo n’a rien perdu de son sens de la mélodie.
Audience :
- J’ai du succès avec mes goûts musicaux
- Peut-être écouté sans déranger personne
- Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
- Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter
Cette formule de plus en plus pop pourrait séduire un nouveau public.
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