La Critique Selon Moi
27 septembre 2026

GURL – Gurl (2026)

 

Après deux EP prometteurs, les Français de GURL dévoilent enfin toute l’étendue de leur talent avec un premier opus éponyme qui conjugue post-punk fiévreux, énergie brute et sens aigu de la mélodie.

Il y a des albums qu’on écoute tranquillement, installé dans son canapé, avec une tasse de thé et la sensation vaguement désagréable d’être devenu quelqu’un de raisonnable. Et puis il y a GURL, premier LP du trio parisien, qui arrive avec la délicatesse d’un voisin qui décide de percer un mur porteur un dimanche matin à 8 h 03.

Après une Intro toute en douceur, le post-punk abrasif et débridé de City Call commence sérieusement à agiter le cocotier. Ce qui pourrait n’être qu’une sympathique entreprise de démolition sonore tient heureusement sur quelque chose de plus solide : les mélodies imparables de Winter, Wrong Place et du langoureux 195. Le groupe avance avec cette urgence typique des formations qui semblent avoir compris que le monde ne va pas spécialement mieux et qu’il serait donc dommage de perdre du temps à jouer doucement. Ça cogne, ça grince, ça accélère, mais ça n’oublie jamais la mélodie en route. Pour preuve, les refrains rock particulièrement accrocheurs de Glowing Rocks, du single Forecast, de Treasure ou de Castle.

Le plus agréable, finalement, est que GURL ne semble pas particulièrement préoccupé par l’idée de nous convaincre qu’il est important. Le groupe joue, attaque, déroule ses morceaux et laisse la musique faire le boulot. Ce qui est plutôt reposant à une époque où certains albums arrivent accompagnés d’un dossier de presse de quarante-six pages expliquant, graphiques à l’appui, pourquoi nous sommes censés être bouleversés.

Au fond, GURL ne révolutionne peut-être pas la planète post-punk. Et heureusement, la planète a déjà suffisamment de problèmes comme ça. En revanche, le trio réussit quelque chose de beaucoup plus utile. Faire un disque qui donne envie d’être réécouté. Encore. Et encore.

(7,5)

 

 

De qui parle-t-on ? :  

Trio français actif depuis 2020, composé d’Alexis Krasowski, Gabriel Le Révérend et Alexis Riey.

 

 

De quoi parle-t-on ? :

Post-punk bruitiste au rythme endiablé.

 

Rythme :

  • Je me suis endormi
  • Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
  • Mes pieds se mettent à bouger
  • Je me lève et je danse

Un album qui risque de provoquer quelques bousculades devant la scène.

 

 

Accessibilité :

  • Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
  • Les refrains entrent directement dans ma tête
  • Que des hits taillés pour les stades

Le groupe déploie une énergie brute qui ne demande qu’à mettre le feu aux salles de concert.

 

 

Audience :

  • J’ai du succès avec mes goûts musicaux
  • Peut-être écouté sans déranger personne
  • Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
  • Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

Pour conquérir le grand public, le groupe cumule deux sérieux handicaps : il fait trop de bruit et, pire encore, il est français.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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