PROTOMARTYR – Hotel Usona (2026)
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Avec Hotel Usona, son septième album, Protomartyr prend un malin plaisir à nous replonger dans un post-punk sans concession, toujours aussi rugueux et implacable.
Présent sur la scène underground américaine depuis bientôt trois décennies, et auteur au fil des ans d’une discographie d’une remarquable constance, Protomartyr s’est progressivement rapproché du statut de groupe culte. Et ce n’est certainement pas Hotel Usona qui viendra contrarier cette ascension. Bien au contraire : en faisant cohabiter rock enfiévré, mélodies plus fragiles et expérimentations sonores, le groupe signe un disque qui se positionne très haut dans sa discographie.
Dès The Old Hotel, le ton est donné. Le morceau démarre dans une relative douceur, presque mélancolique, avant qu’une pluie de notes abrasives ne vienne régulièrement fissurer cette quiétude. L’entame de Sounds We Cannot Hear se montre déjà plus frontale, portée par des guitares qui semblent vouloir renouer avec le Protomartyr le plus incisif. Mais, là encore, le groupe brouille rapidement les pistes : les riffs s’effacent, laissant place à une forme d’angélisme mélodique sur laquelle vient se poser la voix tranchante et sèche de Joe Casey.
Finalement, seul Feed The Sewer conserve véritablement son intensité de bout en bout, comme un rappel des obsessions les plus abrasives du groupe. Pour le reste, Hotel Usona préfère jouer sur les contrastes et les changements de température. Il amalgame ferveur bruitiste, atmosphères cuivrées et langueurs presque pop, sans jamais perdre complètement ce sentiment d’inconfort qui constitue l’une des signatures du combo du Michigan. Ainsi, Converts, avec son groove, apporte une souplesse inattendue à l’ensemble, tandis que Extended Eagles et The Knife Dream s’aventurent sur les terres d’un post-punk downtempo aux accents plus éthérés. Lavender-Gospel, de son côté, s’appuie sur des arpèges tribaux et des textures légèrement shoegaze pour installer une atmosphère aussi hypnotique qu’inquiétante.
Plus nuancé qu’à l’accoutumée, Hotel Usona n’en reste pas moins profondément Protomartyr. Un nouvel album qui confirme, une fois encore, la singularité du groupe de Detroit.
(8)
De qui parle-t-on ? :
Groupe américain, actif depuis 2008, composé de Joe Casey, Greg Ahee, Scott Davidson et Alex Leonard.
De quoi parle-t-on ? :
Un post-punk toujours sans concession, mais désormais traversé de langueur pop et de sonorités cuivrées.
Rythme :
- Je me suis endormi
- Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
- Mes pieds se mettent à bouger
- Je me lève et je danse
Bien que l’intensité demeure, le tempo ne s’emballe jamais.
Accessibilité :
- Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
- Les refrains entrent directement dans ma tête
- Que des hits taillés pour les stades
Toujours très présents, les arpèges bruitistes viennent troubler ces compositions pourtant plus mélodiques.
Audience :
- J’ai du succès avec mes goûts musicaux
- Peut-être écouté sans déranger personne
- Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
- Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter
Le style musical, dystopique et un brin fataliste, reste à mille lieues des tendances mainstream.
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