GURRIERS – Nobody’s Coming To Save You (2026)
/image%2F1371206%2F20260927%2Fob_f2ca5a_gurriers-nobody-s-coming-to-save-you.jpg)
Déjà remarqués pour la puissance de Come And See, les Irlandais de Gurriers confirment leur goût pour la sauvagerie post-punk avec l’excellent Nobody’s Coming To Save You.
Petits frères naturels des Fontaines D.C. de l’époque Dogrel, les Dublinois partagent indéniablement avec le combo de Grian Chatten ce dosage particulièrement efficace entre guitares abrasives, chant habité et sens affûté de la mélodie. Mais le quintette ne se contente pas de reproduire la formule. Sa musique semble davantage attirée par le chaos, la confrontation et les montées de fièvre.
Dès l’éponyme Nobody’s Coming To Save You, le décor est planté et ne laisse guère de place au doute. L’atmosphère est étouffante, le spoken word de Dan Hoff vindicatif, tandis que les riffs brûlants installent une tension presque insoutenable. Party Lines fait encore grimper la pression avec ses allures d’hymne post-punk fédérateur, taillé pour être scandé par une foule en colère. Le percutant Shades prolonge cette entame en apnée et maintient l’auditeur dans une véritable fournaise rock, avant que celui-ci ne puisse enfin reprendre son souffle sur la langueur salutaire de Pins.
Une respiration bienvenue, mais de courte durée. La suite de l’album revient ainsi régulièrement à la charge, privilégiant la bestialité des arpèges, les rythmiques tendues et cette sensation d’urgence qui ne retombe jamais vraiment. Le tempo incandescent de Nothing Happens Twice, comme celui de Waiting For Fisher, replonge sans ménagement dans cette atmosphère électrique où chaque mesure semble annoncer une nouvelle déflagration. En fin de parcours, I Wish I Was et Crybaby referment le disque sur des arrangements plus downtempo, comme si la tempête finissait enfin par s’éloigner.
Avec Nobody’s Coming To Save You, Gurriers livre donc un album dense, nerveux et profondément physique, qui assume sans complexe la filiation avec la scène post-punk irlandaise tout en poussant davantage le curseur vers la brutalité.
(7,5)
De qui parle-t-on ? :
Groupe irlandais actif depuis 2020, composé de Dan Hoff au chant et des musiciens Mark MacCormack, Ben O'Neill, Pierce Callaghan et Charlie McCarthy.
De quoi parle-t-on ? :
Post-punk abrasif au tempo brûlant.
Rythme :
- Je me suis endormi
- Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
- Mes pieds se mettent à bouger
- Je me lève et je danse
Ensemble taillé pour provoquer les mouvements de foule.
Accessibilité :
- Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
- Les refrains entrent directement dans ma tête
- Que des hits taillés pour les stades
Les concerts du quintette s’annoncent d’ores et déjà irrespirables.
Audience :
- J’ai du succès avec mes goûts musicaux
- Peut-être écouté sans déranger personne
- Tout le monde s’enfuit lorsque je l’écoute
- Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter
La notoriété viendra sûrement, mais peut-être avec un album qui fera davantage de place à la mélodie qu’à l’intensité.
/image%2F1371206%2F20260825%2Fob_93c784_papasfritas-5.png)
/image%2F1371206%2F20260825%2Fob_2aebcc_sorties-de-la-semaine-2.png)