NICK CAVE & THE BAD SEEDS – Skeleton Tree (2016)
De qui parle-t-on ? :
Groupe australien, actif depuis 1983, dont la cheville ouvrière est bien sur l’immense Nick Cave. Les Bad Seeds sont aujourd’hui composés de Thomas Wydler, Jim Sclavunos, Martyn Casey, Warren Ellis et Conway Savage.
De quoi parle-t-on ? :
Nick Cave superpose son désespoir sur le rock sobre et langoureux qu’il distille habituellement.
Rythme :
- Je me suis endormi dans mon fauteuil
- Ne me perturbe pas quand je lis en même temps
- Mes pieds se mettent à bouger
- Je me lève et je fais la danse de l’épaule
- Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce
Autant le dire tout de suite, Skeleton Tree est loin d’être le disque idéal pour se divertir ou pour se détendre.
Accessibilité :
- Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie
- Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie
- Mélodie agréable mais sans aspérité
- Les refrains entrent directement dans ma tête
- Que des hits taillés pour les stades
Les mélodies sont évidentes, mais l’affliction généralisée impose de multiples écoutes.
Audience :
- Musique que madame me demande de réécouter
- Peut-être écouté en famille sans déranger madame
- Madame s’en va quand je l’écoute
- Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter
- Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus
L’immense tristesse de cet album ne devrait pas permettre à l’australien de rallier beaucoup de nouveaux auditeurs.
Qualité audiophile :
- J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album
- Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute
- S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)
Le fond sonore dépouillé, parfois presque inexistant, libère l’espace à la voix magnifique de Nick Cave… et cette voix là, personne ne devrait la compresser...
Conclusion :
- Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop
- Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire
- Je l’écoute facilement mais sans émotion
- J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter
- Il tourne en boucle sur ma platine
L’annonce d’un nouvel opus de Nick Cave, à l’instar d’autres monstres sacrés de la musique pop et du rock, génère en général un émoi et une attente énorme parmi les fans de tout bord. Mais après le drame familial destructeur qui l’a touché en 2015, qui aurait pu penser que l’australien pouvait revenir aussi vite et aussi fort? La perte d’un enfant est une tragédie insurmontable qu’il faut accepter (c'est si facile à dire...) avant de tenter de se reconstruire et de penser à tout autre chose.
Nick Cave et ses Bad Seeds réalisent pourtant l’impossible en délivrant le chef-d’œuvre Skeleton Tree. Vu les circonstances, il ne fallait bien sur pas s’attendre à un album rieur ou dansant, l’ambiance glaciale se rapproche plutôt du dernier acte testamentaire du grand David Bowie, Blackstar.
Sur un mode spoken word désespéré, la voix du crooner Nick Cave irradie ces huit nouveaux titres. Cette atmosphère crépusculaire tout à la fois inquiétante (Jesus Alone), triste à l’infinie (Girl In Amber, I Need You) ou proche du recueillement (Distant Sky) est une ode au malheur extraordinaire et bouleversante.
Nick Cave place la barre très haut, ce Skeleton Tree est tout bonnement l’un de ses meilleurs opus et il écrit au passage, avec Distant Sky, l’une des plus belles chansons de son répertoire…