Depeche Mode1983 (2)

 

 

Au début des années 80, accaparé exclusivement par la ferveur graisseuse du hard-rock, du heavy-metal et de tous leurs joyeux dérivés, je dois bien reconnaître que les trois premiers albums des Britanniques de Depeche Mode (Speak & Spell, A Broken Frame et Construction Time Again) n’avaient pas suscité chez moi un grand intérêt.

La découverte en 1985 des trois EP, Love In Itself, Everything Counts et Get The Balance Right, dans leur version sortie en 1983 avec en face B quatre morceaux enregistrés en public dans le mythique Hammersmith Odeon de Londres, changea à jamais ma perception sur le combo de Basildon. Ces objets étaient par nature assez insolites, trois pochettes au formalisme parfaitement identique respectivement verte, rouge et bleue, avec en face A le single phare et sur la seconde la partie live. La puissance de Photographic, le minimalisme de New Life, le romantisme de See You et bien sûr l’impact du gigantesque Just Can’t Get Enough, exacerbés lors de cette prestation scénique d’octobre 1982, balayèrent mes dernières réticences. Je me tournais alors vers l’album Some Great Reward, dans les bacs depuis déjà quelques mois, et fus évidemment conquis par cette vision industrielle de la synthpop. Le reste ne fut qu’une formidable histoire d’amour qui connut son point d’orgue avec la sortie du colossal Violator.

Influencés comme beaucoup d’autres par le krautrock synthétique des légendaires allemands de Kraftwerk et dynamiteurs à l’aube des eighties de la balbutiante new-wave, les Anglais ont incontestablement écrit un pan de l’histoire de la musique moderne.

Moins actif aujourd’hui, la disparition récente d’Andrew Fletcher a malheureusement ravivé la nostalgie d’une époque où le trio de l’Essex rayonnait sur le monde.

Depeche Mode2