Black Country, New Road - Ants From Up There

 

 

 

 

 

 

 

  

 

De qui parle-t-on ? :

Collectif anglais, actif depuis 2018, composé d’une part masculine, Isaac Wood, Lewis Evans, Charlie Wayne et Luke Mark, et d’une autre féminine, Tyler Hyde, Georgia Ellery et May Kershaw.

 

De quoi parle-t-on ? :  

La référence aux américains de Slint s’éloigne un peu, le collectif explore plus aujourd’hui, dans sa manière si singulière, le style chamber pop magnifié par le divin Neil Hannon.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Même dans les envolées bruitistes, le downtempo demeure la règle de ce nouvel opus.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

La fluidité harmonique est certes grandement améliorée, mais la variation des tons et des ambiances n’est pas encore propice à l’instantanéité.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Le collectif londonien fait aujourd’hui clairement un pas vers la reconnaissance populaire.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé

Un schéma musical plus accessible, mais dans une luxuriance instrumentale qui se prête peu au jeu de la compression.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine (9)

 

Surement un hasard du calendrier, mais le jour où parait Charmed Life, compilation des légendaires Divine Comedy, les Black Country, New Road sortent Ants From Up There, nouvel album justement empreint de cette pop jazzy et symphonique divinement orchestrée par le dandy irlandais Neil Hannon.

La facture pop de ce second opus rend un peu plus aisé son analyse, mais attention toutefois à ne pas imaginer que les Britanniques se laissent aller à la facilité. Après une courte et enjouée Intro, les notes virevoltent déjà dans un ballet délirant d’easy listening sur l’échevelé Chaos Space Marine. La langueur mélancolique gagne un peu de terrain sur le crescendo sublime de Concorde et sur la ballade Bread Song. Isaac Wood aujourd’hui chante plus qu’il ne parle, l’annonce soudaine de son départ du collectif juste avant la sortie de l’album va durement nous faire regretter cette voix de crooner tout juste révélée. Les cuivres et les violons déchainent la frénésie musicale de ce presque opéra rock. Le bouillant Snow Globes par exemple démarre dans une relative tranquillité avant qu’une tempête mélodique ne vienne frapper sa seconde partie. Basketball Shoes, morceau de bravoure de plus de douze minutes, nous offre une dernière montée d’adrénaline dans l’effervescence du post-rock.

L’effet de surprise est certes moindre et l’originalité moins évidente, mais la ferveur harmonique des Black Country, New Road est telle qu’elle transforme le très pop Ants From Up There en un nouveau chef-d’œuvre.