Ty Segall - Harmonizer

 

 

 

 

 

  

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Musicien et chanteur américain, actif depuis 2004, par ailleurs animateur d’une multitude d’autres projets, dont notamment sa collaboration avec le californien Tim Presley, alias White Fence, et son groupe Fuzz.

 

De quoi parle-t-on ? :

La main de fer du hard-rock dans le gant de velours des boucles synthétiques.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

A l’instar du constat déjà établi sur la plupart des précédents opus, la pratique de la doublette air-guitar/headbanging sera à nouveau de mise.  

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Les concerts du californien ne manqueront pas de se transformer en d’intenses séances de sudation.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Le rock suranné s’adresse à un public d’un certain âge, nostalgique d’une belle époque aujourd’hui révolue.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé

Le rock lourd et les riffs destructeurs laminent toutes les contraintes de la compression.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine (9)

 

Fait extraordinaire, la production discographique de l’américain Ty Segall en solo, jusque-là proprement démentielle, a connu un break de deux ans entre l’excellent First Taste et ce déjà douzième album studio. Comme preuve que le repos a parfois du bon, le californien atteint avec ce gigantesque Harmonizer le niveau stratosphérique du sublime Manipulator.

Toujours influencé par le rock lourd des années 70 et 80, Ty Segall use de quelques artifices synthétiques pour rajeunir aujourd’hui son heavy-metal old school. Après la courte mise en bouche ambient de Learning, le gros son du hard-rock et la bluffante délicatesse vocale du trublion de Laguna Beach débarquent sur le bouillant Whisper. Le beat entêtant d’Erased se confronte ensuite aux riffs incandescents autrefois chéris par les légendaires Black Sabbath. La première réelle surprise vient de l’éponyme Harmonizer, la pesanteur rock s’évapore peu à peu et laisse doucement la place à l’attraction electropop. Ce schéma métronomique enchanteur se répète encore sur Ride, sur Play et sur le final Changing Contours. En guise de dernière curiosité, l’américain partage le chant avec sa moitié, Denée, sur le punk loufoque de Feel Good, morceau un brin plus inspiré que ceux proposés par ailleurs par le dispensable projet en duo des époux Segall, C.I.A.

Il n’est plus nécessaire aujourd’hui de vanter le génie harmonique de Ty Segall. Tout juste doit-on mesurer si l’album en présence est un bon cru, un très bon cru ou un chef-d’œuvre… le brillant Harmonizer fait indiscutablement partie de cette dernière catégorie.

 

 

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