Jehnny Beth - To Love Is To Live

 

 

 

  

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Musicienne et chanteuse française, active depuis 2004, de son vrai nom Camille Berthomier, par ailleurs membre du bouillant quatuor britannique, Savages.

 

De quoi parle-t-on ? :

La française abandonne pour un temps le rock pur et dur et plonge dans l’obscurité et la tourmente synthétique.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Quelques morceaux ont un rythme très élevé, mais leur peu de musicalité n'incite guère au mouvement.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Entrer dans l’univers torturé de Camille Berthomier n’est pas toujours chose facile.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Seuls les amateurs de masochisme musical (et dieu sait s’ils sont nombreux…) trouveront ici leur bonheur.  

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Sans paliers intermédiaires, l’on bascule de l’ambiance orageuse de l’electro au calme plat de la pop ou de l’ambient, difficile alors de restituer tout cela dans le carcan de la compression.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter (8)  

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Loin de l’incandescence rock des furieuses Savages, la française Jehnny Beth explore sur un premier opus en solitaire, To Love Is To Live, la noirceur synthétique.

L’album démarre dans une relative douceur avec le crescendo de I Am. Le chant intense de Camille Berthomier, ainsi posé sur des arpèges plus calmes que ceux des Savages, se rapproche parfois des vocalises divines de la grande Marianne Faithfull. Le post-punk bouillant de l’hypnotique Innocence ne ferait pas tache dans la discographie baroque des américains de Xiu Xiu. L’acteur irlandais au regard perçant et étrange, Cillian Murphy, appose son monologue sur le langoureux A Place Above… juste avant que la poitevine n’embrase l’espace sonore avec le puissant I’m The Man. Un autre déjanté notoire, Joe Talbot, hurleur en chef des enragés britanniques de Idles, vient prêter main forte sur le psychotique How Could You. L’on connaissait déjà bien la propension de Jehnny Beth pour l’ultra-violence harmonique, l’on découvre aujourd’hui, avec la pop de Flower, de We Will Sin Together et d’Heroine ou encore avec la ballade au piano The Rooms, son intérêt pour la musicalité et son grand talent dans la confection electropop.     

Le sombre et grandiose To Love Is To Live permet à Camille Berthomier d’accéder à la catégorie des chanteuses à la démence géniale, déjà dignement représentée par les psychopathes suédoises Anna Von Hausswolf et Fever Ray.