Deerhoof - Future Teenage Cave Artists

 

 

 

 

 

  

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe américain, actif depuis 1994, composé de la bassiste et chanteuse japonaise Satomi Matsuzaki, du dernier membre originel encore présent, le batteur Greg Saunier, et des guitaristes Ed Rodriguez et John Dieterich.

 

De quoi parle-t-on ? :

Rock indépendant souvent dissonant, tantôt noisy tantôt pop, qu’il est très difficile de cataloguer.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Le rythme est souvent soutenu, mais le style est trop alambiqué pour vraiment inciter au mouvement.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

L’impossibilité d’inventorier et de classifier cet ensemble, donne une idée assez juste de son peu de fluidité musicale.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Le style très surprenant et souvent dissonant n’est clairement pas construit pour attirer le grand public.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Il est déjà difficile d’extraire l’essence de cette musique dans les grands espaces, alors en format compressé…

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter (8)

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Amis de l’étrangeté pop-rock et de l’arpège bancal, bienvenue dans le monde fantasque des californiens de Deerhoof. Le combo stakhanoviste sort son déjà quinzième album studio, le bigarré Future Teenage Cave Artists.

Un riff de guitare par-ci, un élan synthpop par-là, une touche de psychédélisme, du noisy-rock, de la pop mainstream, le tout enchevêtré dans un désordre dissonant souvent dans un même morceau, le menu très riche proposé par ce nouvel opus aurait pu s’avérer totalement indigeste. Mais le combo de San Francisco maitrise trop bien les arts du collage, du rapiéçage et du bricolage, pour se laisser prendre au piège. Magnifiés par le chant légèrement enfantin et aigu de Satomi Matsuzaki, style vocal très caractéristique de la musique asiatique que l’on retrouve par exemple dans la voix de la divine Kazu Makino des immenses Blonde Redhead, les ovnis Future Teenage Cave Artists, The Loved One, O Ye Saddle Babes et autre « Farewell » Symphony, sont des objets harmoniques uniques et fantastiques. L’album se referme avec les quelques notes de piano du très beau et épuré I Call On Thee, dans un intimisme aux antipodes de cette ambiance sonore globalement démentielle.  

Il est souvent reproché aux artistes leur frilosité dans la prise de risque harmonique… voici une critique que l’on ne pourra pas faire aux inclassables américains de Deerhoof et à leur extravagant Future Teenage Cave Artists.