Blaenavon - Demoitis

 

 

 

 

 

  

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Trio anglais, actif depuis 2012, composé de Ben Gregory, Frank Wright et Harris McMillan.

 

De quoi parle-t-on ? :

Blaenavon met sous l’éteignoir ses aspirations britpop et se lance à corps perdu dans la mélancolie et le minimalisme de la folk-music.   

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

L’ambiance mélancolique se répand dans un rythme d’ensemble globalement apathique.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

La tristesse et l’obscurité n’empêchent pas la grande musicalité.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Le style, plus sombre et moins enjoué que sur les deux premiers opus, ne devrait pas permettre au Blaenavon d’élargir leur capital de fans.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Le minimalisme et la grande lenteur devraient bien résister aux affres de la compression.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine (9)

 

Petite surprise de Noël de la part des britanniques de Blaenavon. Deux mois à peine après la sortie de leur second opus Everything That Makes You Happy, les originaires du comté de Hampshire offrent une nouvelle livraison de mélodies au format démo sur le très mélancolique et dépouillé Demoitis.

Si l’auditeur, en raison de la période, pense découvrir un album de chansons de Noël sirupeuses à souhait, il en sera alors pour ses frais. Demoitis évoque le sujet grave de la santé mentale et l’expose dans un cocon harmonique apathique, sombre et minimaliste. Le sublime Intro pose d’emblée les bases de cette obscure affliction de laquelle ressort surtout le chant gracile de Ben Gregory. Les quelques notes de piano du magnifique Michael confirment cette propension nouvelle pour le spleen. Le rythme s’affole un peu sur l’équation pop Multiple + Personality + Disorder = Friends For Life ou sur l’étrange Fuck You & Fuck Your Friends, mais le très long et brillant Everybody Love Talkin Shit remet l’album, et ce jusqu’à son terme, sur la voie royale de la langueur folk.

Si le radieux Everything That Makes You Happy était musicalement construit pour titiller notre bonne humeur, Demoitis invoque plutôt le tourment et la tristesse. Les Blaenavon rayonnaient jusqu’ici dans le cadre unique de la britpop, ils démontrent aujourd’hui avec talent leur aisance dans l’approche d’autres styles musicaux.