Dragon Rapide - See The Big Picture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Trio français composé de Sylvain, pour le chant et la guitare, et des musiciens POG et Jimmy pour la section rythmique.

 

De quoi parle-t-on ? :

Noisy-rock qui ne cache pas des influences puisées dans le creuset musical nineties des Breeders ou des Built To Spill.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Rugueux et bruitiste, ce rock navigue malgré tout dans un tempo plutôt intermédiaire.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

L’habillage noisy ne suffit pas à cacher la maitrise mélodique du combo de Clermont-Ferrand.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Moins dans l’air du temps que dans les années 90, ce style musical obtiendra aujourd’hui plus difficilement l’adhésion du public.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

La production lo-fi et les sonorités noisy s’apprécieront mieux dans la décompression.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Lorsque Freemount Records m’a proposé l’écoute du premier album des clermontois de Dragon Rapide, j’avoue m’être dit que j’allais une nouvelle fois tomber sur un énième groupe de rock à la musicalité sans saveur et sans odeur. 

C’est donc avec une certaine appréhension et sans réelle attente que je me suis jeté dans les arpèges de See The Big Picture… et là surprise, si le style est certes conventionnel, il fleure bon la sueur et la rugosité du noisy-rock du début des années 90. Dans une ambiance lo-fi forcément inhérente au genre, I Don’t Want To surfe sur la haute tension alternative imposée par les Breeders à la fin du siècle dernier. S’il est moins déjanté que le film du même nom du réalisateur américain Zack Snyder, Sucker Punch est un petit délire grungy aux atours rapeux et jouissifs. Bummed et Astoria explorent le filon lumineux des américains de Built To Spill, dont le trio reprend d’ailleurs brillamment, un peu plus loin sur l’album, le titre Never Be The Same. On l’aura donc compris, jusqu’aux dernières notes de Spinning Top rien ne nous fera plus sortir du rock orageux et bruitiste de cette période bénie.

Je reconnais sans honte un léger manque d’impartialité lorsque j’évoque ce style musical, l’essence même de ce que l’on appelle le rock indépendant, magnifié dans les nineties par les Pixies, Ride, Pavement, Weezer et consorts. Mais Dragon Rapide va au-delà de cette simple affection et a le mérite de faire revivre cette nostalgie d’une autre époque, son See The Big Picture est un mémorial talentueux dédié au shoegazing, au grunge et à tout ce que le rock compte de volcanique.