Baxter Dury - Prince Of Tears

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Musicien et chanteur anglais, actif depuis 2001, fils d’une des légendes de la vague punk-rock britannique de la fin des années 70, Ian Dury.

 

De quoi parle-t-on ? :

Dans une version moins festive que sur son précédent album, It’s A Pleasure, Baxter Dury étale sa morosité sur une pop lumineuse, plus introspective et plus entrainante qu’elle n’y parait.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Baxter Dury nous entraine dans sa mélancolie et restreint à la portion congrue nos envies de mouvements.  

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

A l’instar du précédent album, It’s A Pleasure, Prince Of Tears est un sommet de fluidité et de musicalité.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Dans un monde idéal, loin de l’uniformisation musicale et du vocoder, Miami, Listen et Prince Of Tears s’installeraient aux sommets des charts.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

La compression n’altère pas trop notre plaisir à l’écoute de ce schéma musical minimaliste et limpide.  

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en  boucle sur ma platine

 

Baxter Dury semble avoir du mal à remonter la pente. Engoncé dans son costume blanc de dandy, le britannique s’ensable dans la raideur de cette dune qui figure, à priori, sa difficulté à surmonter une très récente peine de coeur.

Prince Of Tears est un très court album, exprimer plus longuement la douleur était certainement insupportable. Si ces nouveaux morceaux délaissent quelque peu la synthpop du précédent exercice, It’s A Pleasure, l’on est toutefois assez loin de la morosité dans le rythme et la mise en musique de cet opus. Miami ouvre ce pamphlet d’affliction avec un gimmick simpliste et plutôt entrainant, le style crooner de Baxter Dury faisant évidemment le reste. Le natif de Wingrave est un conteur, son parlé rauque exprime lourdement et abondamment son mal être. Pour le chant, il laisse ses collègues de la gente féminine faire le boulot, l’ancienne vocaliste des Pipettes, Rose Elinor Dougall, sur le sombre Porcelain et Madeleine Hart sur le reste de l’album. Ce mélange de douceur et de gravité est un enchantement pour l’oreille et confère à Prince Of Tears une unité harmonique exceptionnelle. Quelques titres pris au hasard dans cet ensemble sans faille, la pop de Mungo, le punk aseptisé de Letter Bomb et la langueur de Wanna, en sont la parfaite illustration.

Nous ne savons si la tristesse est un vecteur de génie, toujours est-il que ce Prince Of Tears est un chef-d’œuvre de groove et de musicalité. De là alors à souhaiter à Baxter Dury les pires maux de la terre pour qu’il satisfasse nos désirs mélodiques les plus insatiables est un pas que nous n’oserons tout de même pas franchir…