Fever ray - Plunge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Projet solo de la musicienne et chanteuse suédoise Karin Elisabeth Dreijer, active dans divers projets depuis 1994. Elle était par ailleurs la moitié, avec son frère Olof, du défunt duo The Knife.

 

De quoi parle-t-on ? :

Fever Ray n’a pas trop changé son style, cette electro sombre et lancinante qui se rapproche parfois du dubstep.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Cette musique peut parfois provoquer le mouvement, mais son esprit torturé incite à fuir plutôt qu’à danser.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

L’on ne se dit pas le matin en se levant, « Tiens, je vais m’écouter Fever Ray pour avoir la patate ! ». Cette musique désenchantée s’immiscera avec douleur dans nos esprits.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Ces mélodies poisseuses ne devraient attirer que les amateurs de magie noire et de satanisme.   

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Il ne faut pas avoir peur des représailles si l’on s’amuse à compresser la voix incantatoire de Karin Elisabeth Dreijer.  

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Fever Ray écrit en lettres de sang sur son visage sur la pochette de l’album ou le clip délirant de To The Moon And Back, rien ne semble indiquer que Karin Elisabeth Dreijer ait soigné sa folie musicale aux intonations dantesques dans les huit années qui séparent Plunge de son premier opus éponyme.

Grand amateur de la série Vikings, je ressentais un petit pincement au cœur à chaque fois que j’entendais l’obsédant If I Had A Heart ouvrir chacun des épisodes, me disant qu’après si longtemps, la belle suédoise nous avait abandonné et avait peut-être définitivement tué son double démoniaque, la troublante Fever Ray.

Fort heureusement, il n’en était rien. Annoncé par surprise seulement un jour avant sa sortie, ce condensé d’electro post-apocalyptique n’avait-il finalement pas la légitimité pour voir le jour (ou en l’occurrence, la nuit) en cette période d’Halloween ? Dès les premières notes de l’hypnotique Wanna Sip un épais et ténébreux brouillard envahit l’atmosphère. Le chant suraigu et flippant de Fever Ray rappelle parfois celui des sœurs Casady, autres folles furieuses de la trituration musicale, fondatrices et seules membres du duo américain Cocorosie. Le langoureux Mustn’t Hurry et la synthpop de A Part Of Us préparent le terrain en douceur, c’est le bien nommé Falling qui nous plonge dans les profondeurs de l’Enfer, cette bande son à l’electro angoissante serait la compagne idéale de n’importe quelle scène d’épouvante. Le tribal IDK About You ne rassure guère l’auditeur, l’obligeant même à regarder sans arrêt autour de lui pour voir si une horde de sauvages n’est pas là pour l’assaillir. Jusqu’aux dernières notes de Mama’s Hand, Plunge poursuit son parcours synthétique vers la démence, avec ses quelques phases d’euphorie, l’éponyme Plunge ou le single To The Moon And Back, mais surtout avec ses moments de grande détresse, This Country, Red Trails ou le poisseux An Itch.   

On l’aura donc compris, Plunge est le nouvel instrument de torture imaginé par l’esprit dérangé de Karin Elisabeth Dreijer. Cet appel des sirènes du désespoir devrait faire fuir les malheureux qui auraient la malchance de l’entendre, mais l’envoutement savamment orchestré par la sorcière Fever Ray provoque au contraire une dangereuse, mais aussi très savoureuse, attraction.