St Vincent - Masseduction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Musicienne et chanteuse américaine active depuis 2003, de son vrai nom Anne Erin Clark. Avant ce projet en solo, la native de Tulsa était un membre du collectif texan The Polyphonic Spree, puis a travaillé avec le prince de la folk-music, Sufjan Stevens.

 

De quoi parle-t-on ? :

Musique très synthétique qui alterne les ambiances en passant par le folk, la pop et l’electro minimaliste.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Les morceaux très dynamiques de Masseduction, Sugarboy ou Fear The Future par exemple, ne sont pas spécialement construits pour entrainer l’auditeur vers la piste de danse.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

St. Vincent fait un gros effort harmonique sur ce nouvel album, notamment sur les morceaux les plus lents.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Certainement l’album le plus accessible de St. Vincent, mais cette electro parfois un peu minimaliste rebutera une partie du public.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Seule la voix de la belle pourrait nous inciter à refuser la compression. La musique quant à elle, très électrique, supporte plutôt bien l’écrasement.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

En découvrant cette pochette un brin aguicheuse, l’on ne peut s’empêcher de penser à l’actualité récente et se demander s’il est vraiment prudent d’exposer ainsi son postérieur en ces temps troublés par le pullulement de révélations en matière de harcèlements, d’attouchements, de viols et autres horreurs en tous genres ? L’américaine St. Vincent ne semble pourtant pas craindre cette période ténébreuse… ni le ridicule d’ailleurs avec ce mélange improbable de collants fuchsias et de body léopard.

Fort heureusement, l’appétence musicale de la belle texane est inversement proportionnelle à ses gouts vestimentaires. Ce nouvel opus démarre avec la dreampop, voire le trip-hop, du sublime Hang On Me. Le chant mutin d’Annie Clark fait une nouvelle fois des merveilles sur le candide Pills. L’éponyme Masseduction nous entraine dans un délire électrique hypnotique et minimaliste… qui s’étend à une vitesse supersonique sur le synthétique Sugarboy. La pop tubesque de Los Ageless fait doucement retomber la pression, ce titre sera, avec New-York, le plus apprécié du grand public. Happy Birthday, Johnny expose une autre facette de la musique de St. Vincent, située à la limite entre folk et ambient. Ce morceau donne d’ailleurs le ton de la deuxième partie de cet album, puisque les très langoureux et divins New-York, Slow Disco et Smoking Section lui emboitent le pas.  

Féérie ou sciences occultes ? Difficile de savoir. Toujours est-il que la magie est encore au rendez-vous. Annie Clark manie l’alchimie des sons et des voix comme personne. Le bien nommé Masseduction est au final moins original et moins bancal que le gigantesque et éponyme St. Vincent, sorti en 2015, il s’inscrit pourtant parfaitement dans le cheminement artistique lumineux de la native de Tulsa.