Aquaserge - Laisse ça être

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe français composé de Julien Gasc au chant, de la clarinettiste Manon Glibert, de la bassiste Audrey Ginestet, du guitariste Benjamin Glibert et des deux batteurs Julien Chamla et Julien Barbagallo. Il est à noter que ce dernier est aussi le batteur des nouveaux génies du rock australien, les Tame Impala.

 

De quoi parle-t-on ? :

Grand écart entre jazz et post-rock parfait pour une utilisation en bande originale de film… des années 70 ou 80.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Même si elle est parfois enlevée, la musique d’Aquaserge est prioritairement faite pour l’écoute.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Des ambiances multiples, des directions musicales surprenantes, il faut du temps pour assimiler la profusion de détails sonores imposée par Aquaserge.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Genre trop en dehors des sentiers battus pour plaire au plus grand nombre.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Ces harmonies bancales et ce fourmillement sonore auront du mal à exister en format compressé.  

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Jazz-rock, pop psychédélique, post-rock, rock progressif,... l’on ne sait vraiment quelle étiquette coller sur la musique d’Aquaserge… mais finalement, qui s’en plaindra?

« Sonnez tambours et trompettes ! », voici comment l’on pourrait annoncer l’entame de Tour Du Monde, ce jeu de cuivres fait évidemment penser au jazz et aux grands génériques des émissions télé des années 70, 80. Avec l’excellent Virage Sud le combo toulousain affiche son penchant pour le post-rock lumineux de Tortoise. Tintin On Est Bien Mon Loulou (hommage inconscient à Pascal Sevran?) alterne le noisy-rock et les sonorités jazzy des instruments à vent, le chant presque parlé et enlevé de Julien Gasc renforce encore l’intensité de ce morceau. Aquaserge joue ainsi avec les tonalités, à l’instar du collectif suisse Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp il se délecte de ce mélange de styles musicaux antinomiques qu’il expose brillamment sur le long Si Loin, Si Proche ou encore sur C’est Pas Tout Mais. De colère point il n’y en a dans L’ire Est Au Rendez-vous, ce titre est plutôt une mélodie jazzy délicate et gracile. Laisse Ca Etre se termine dans l’atmosphère langoureuse et cinématographique de Charme D’Orient et Les Yeux Fermés.

Laisse Ca Etre pour la traduction mot à mot de Let It Be, Aquaserge n’a bien sûr pas la prétention de hisser sa musique au niveau de ce chef-d’œuvre, mais chose assez rare, il se contente tout simplement de laisser vivre ces mélodies intemporelles et réjouissantes au gré de sa fantaisie harmonique inimitable.