A tribe called quest - We got it from here

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe américain, actif depuis 1985, composé de Q-Tip, Ali Shaheed Muhammad, Jarobi White et de Phife Dawg, ce dernier est malheureusement décédé en mars 2016. Le combo a connu une histoire assez mouvementée avec une première phase d’activité entre 1985 et 1998, deux brèves reformations en 2006 et en 2013 et enfin ce retour en 2016.

 

De quoi parle-t-on ? :

Après dix-huit ans d’absence, le groupe ne transforme pas fondamentalement son rap. Il se complait toujours dans ce style old school aux intonations soul et jazzy.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

La beatbox entêtante imprime un certain rythme qui nous décolle de notre fauteuil et nous impose le légendaire mouvement des bras des rappeurs.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

La musique, simpliste et connue, s’assimilera dès les premières écoutes. Appréhender correctement le flow de ce nouvel opus sera par contre une toute autre paire de manches.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Un morceau comme We The People… emballera facilement l’auditoire, mais cet ensemble plutôt old school satisfera essentiellement les amateurs du genre.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Les casques audio, pour les nomades de la musique, sont aujourd’hui étalonnés à partir du R’n’B, du hip-hop et autres musiques urbaines.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en  boucle sur ma platine

 

Il est assez rare que ce blog s’intéresse à un album de hip-hop, mais quand celui-ci est au niveau de ce We Got It From Here… il est alors impossible de le passer sous silence.

Le rap américain a profondément changé depuis la sortie de The Love Movement en 1998. Ses têtes pensantes, Jay Z, Kanye West et autres Eminem, ont transformé son modèle commercial en multinationale qui a vampirisé la sphère médiatique et converti la musique en cash. Dans cette dictature de codification et d’uniformisation des sons, les artistes légèrement en marge, à l’instar d’un Run The Jewels ou d’un Jurassic 5, peinent à exister…  

Le retour de l’un des mythiques fondateurs de l’alternative hip-hop est donc une très bonne nouvelle. Le souvenir des immenses The Low End Theory et Midnight Marauders ravive la flamme de ce rap old school originaire de la côte Est des Etats-Unis. Ne cherchez pas une nouvelle orientation dans cet opus fraichement débarqué, A Tribe Called Quest ne change rien, il revient sur son terrain de jeu préféré, le hip-hop harmonieux et jazzy qu’il a toujours composé. Le dynamique The Space Program pose clairement les bases temporelles de We Got It From Here…, il nous renvoie directement au début des années 90 à la source originelle de cette musique. We The People… est un tube énorme dans la veine d’un Scenario ou d’un Can I Kick It?. Le combo s’entoure pour l’occasion de nombreux invités. Sur l’entêtant et lancinant Solid Wall Of Sound, Jack White prête sa guitare et sa voix pendant qu’Elton John assure le chant et joue du piano, excusez du peu! Kanye West en personne vient pousser la chansonnette sur le subversif The Killing Season. L’étoile montante du rap, Kendrick Lamar, vient elle aussi apporter son écot sur Conrad Tokyo. Le collectif new-yorkais empile ainsi les standards en « piquant » de temps à autre quelques artifices, un gimmick de Kraftwerk sur Whateva Will Be ou un échantillon du Pass The Dutchie des Musical Youth sur Dis Generation.

Les membres de la Zulu Nation ne se contentent donc pas de réussir leur retour. A Tribe Called Quest réalise tout bonnement un nouveau chef-d’œuvre et ouvre une nouvelle page de son histoire… que l’on espère plus prolifique que celle de ce début de vingt et unième siècle.