Tortoise - The Catastrophist

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe américain, actif depuis 1990, composé de Doug McCombs, John Herndon, John McEntire, Jeff Parker et Dan Bitney.

 

De quoi parle-t-on ? :

Musique instrumentale toujours aussi inclassable qui oscille entre jazz, rock, pop et… l’antédiluvien krautrock germanique.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Musique construite essentiellement pour l’écoute.  

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Les nombreux changements de rythmes, la richesse de l’instrumentation et une certaine complexité nécessitent une grande attention et plusieurs auditions.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Disque facilement utilisable en musique de fond, mais le côté instrumental et le style alambiqué ne retiendra pas très longtemps l’auditeur de passage.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Interdiction d’écouter cette musique en format compressé sous peine de voir disparaître la multitude de petits détails qui irradie ces mélodies.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Cette citation de Lamartine s’applique très bien au long silence que nous a imposé Tortoise depuis la sortie en 2009 du grandiose Beacons of ancestorship. Il aura donc fallut attendre sept années pour que les pionniers du post-rock daignent à nouveau nous abreuver de leur nectar musical céleste.

The catastrophist est dans la même veine que les autres albums du groupe… c'est-à-dire, qu’à l’instar de ses prédécesseurs, il ne ressemble à aucune autre production des chicagoans, il est un objet unique au ton décalé et totalement inclassable. L’esthétisme harmonique reste de mise, les chemins les plus sinueux sont empruntés et de nombreuses fausses pistes jalonnent ce parcours musical surprenant. Inutile de citer tel ou tel morceau pour mettre en évidence un quelconque single ou une nouvelle tendance, The catastrophist doit être considéré comme un tout, une sorte de concept-album qui n’a de sens que s’il est écouté dans son intégralité.

Tout juste peut-on disserter sur le titre de cet opus, annonciateur de bien des malheurs. Mais les catastrophes annoncées n’arrivent pas toujours et l’espoir demeure une valeur inébranlable de l’espèce humaine. Tortoise représente un des ces espoirs, un phare dans l’obscurité qui permet encore d’éviter le naufrage de ce rock expérimental indispensable à l’équilibre musical… bien que celui-ci ait de plus en plus tendance à pencher du mauvais côté.